Ski hors-piste : Déclencheur d’un cocktail d’hormones dans le cerveau
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Ski hors-piste : Déclencheur d’un cocktail d’hormones dans le cerveau

Le ski hors-piste et les autres sports dits extrêmes génèrent un cocktail d’hormones dans le cerveau, dont plusieurs drogues addictives et agréables. Mais au-delà des impacts chimiques, le sport génère aussi des impacts psychologiques importants.

Du haut de la piste, le skieur visualise sa descente dans un secteur escarpé où l’on retrouve une falaise de plus de cinq mètres. L’amygdale du cerveau reconnaît alors le danger imminent.

Photo: Cynthia - Rider: Tom Thierus

« Votre système sympathique s'active et votre cœur accélère jusqu'à trois fois plus rapidement, votre pression sanguine augmente, votre bouche s'assèche et vous ressentez le besoin d'éviter ce qui s'apprête à se produire. Vous éprouvez cette émotion universelle qu'est la peur, et la perception du risque enjoint votre organisme à produire des doses massives d'adrénaline, de noradrénaline et d'hormones de croissance. »

Dès qu’un danger est perçu, la décharge d’hormones est presque instantanée, explique Linda Paquette, psychologue et professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Adepte de vélo de montagne, elle s’intéresse particulièrement à la psychologie des sports extrêmes, en étudiant notamment ce qui pousse les adeptes à prendre des risques volontairement. La description faite ici haut est tirée de l’étude « Régulation émotionnelle, témérité, comportements sécuritaires et consommation de psychotropes associée à la pratique d'un sport alpin de glisse chez des adolescents et adolescentes », qui se poursuit ainsi.

« En moins de quelques millisecondes, votre hypothalamus commence à décharger de la corticolibérine (CRH : Corticotropin Releasing Hormone) qui oblige la glande pituitaire à sécréter de l'adrénocorticotrophine (ACTH), elle-même se dirigeant vers les glandes surrénales, provoquant l'émission de cortisol. Votre respiration s'accélère et le sang afflue dans vos muscles, se retirant des zones digestives moins importantes à ce moment, ce qui vous donne l'impression d'avoir des papillons dans l'estomac. »

« Pendant que l'adrénaline, la noradrénaline, les hormones de croissance et le cortisol continuent à se répandre dans votre sang, vos pupilles se dilatent afin de percevoir le moindre mouvement et les zones obscures avec plus d'acuité. Votre système immunitaire se prépare à faire face aux blessures potentielles et les réserves d'urgence en sucre sont mobilisées afin de préparer les muscles aux contractions intenses et brusques.

Photo : Thomas Thiery - Rider : Charles Bernier

Parasympathique vs sympathique

Pour bien comprendre ce qui se passe dans notre cerveau, il faut parler du système neurovégétatif, qui régule les processus physiologiques avec les systèmes parasympathique et sympathique. « Le système nerveux parasympathique ralentit les fonctions de l’organisme, notamment lorsque l’on est au repos, pour permettre au corps de récupérer, d’accumuler de l’énergie, de réparer les muscles et de digérer », explique Linda Paquette.

C’est lorsqu’une menace surgit, que le système nerveux entre en mode sympathique, déclenchant les réactions décrites ici haut. « Le corps se mobilise et le sang se retire de la zone digestive pour aller vers les extrémités, poursuit Linda Paquette. Le système musculaire s’active, le cœur s’accélère, la bouche s’assèche ».

Photo : Thomas Thiery - Rider : Yan Kaczynski

Plus un stress est vécu fréquemment et plus une personne acquiert une capacité de contrôle, alors que le danger devient un défi. « Quand on s’habitue à aller vers le danger, il devient associé avec une émotion positive, surtout quand on a les aptitudes et le talent pour passer à travers le défi », remarque Linda Paquette, car le corps sécrète également de la dopamine lors d’un événement stressant. « En plus des impacts sur le contrôle moteur, la dopamine provoque aussi le sentiment de récompense et de motivation », note la psychologue. « Quand le stress est fini, cette hormone-là est encore dans notre tête et elle provoque un sentiment d’euphorie ».

Montée vs descente

Plus le risque est grand, et plus la décharge d’hormone sera grande et intense. La descente offrira donc une plus grosse dose, mais l’effort exercé lors de la montée n’est pas sans effet, car le cerveau sécrète de la sérotonine et de la dopamine pendant n’importe que type d’exercice physique modéré.

C’est aussi pendant les montées que se fait la socialisation. « Pratiquer un sport avec des amis répond à plusieurs besoins psychologiques, dont celui de l’autodétermination, d’être en contact avec d’autres, de se sentir bon, compétent et autonome », explique Linda Paquette. Le sentiment d’appartenance à une communauté fait donc partie des bienfaits du sport.

Le sentiment de récompense n’est pas à négliger non plus, ajoute la psychologue. « Quand on vit une expérience de façon positive, qu’on est fier de ce qu’on a fait, les réactions ne sont pas juste chimiques, elles sont psychologiques aussi », dit-elle. Le ski peut être bon pour l’ego, en apportant une expérience valorisante, car il permet de se mettre en forme et d’être fier de ses réalisations.

Ainsi, le sport peut aussi être un outil de régulation émotionnelle. « Le sentiment d’accomplissement lié à une tâche ou un défi difficile change le mal de place, dit-elle. Ça permet de se plonger dans l’instant présent, d’arrêter de penser aux problèmes ». Autrement dit, le ski peut servir une fonction d’évitement.

Finalement, le sport a aussi un effet calmant, car le corps libère des endorphines après un effort physique, une hormone qui provoque une sensation de bien-être et de relaxation.

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