Les bloque-vapeurs, c'est quoi?
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Les bloque-vapeurs, c'est quoi?

Ça t’es déjà arrivé de te lever un bon matin frisquet en camping d'hiver, le bout du nez ruisselant, les yeux plâtrés dans la graisse de bine. Tu dézippes ton cocon, ton seul réconfort, pour exposer ton corps frêle au froid glacial de l’hiver québécois. Tu t’habilles, tu enfiles tes mouflons. Petit café, petit gruau. Le confort revient si facilement le ventre plein. Tu jases de l’itinéraire du jour avec tes partenaires, tu prépares les collations, miam, encore des ost** d’arachides. Fin prêt, il est l’heure d’enfiler les bottes de ski. Ah ! Ce doux moment de tendresse. Mais quel bonheur que d’enfiler ses beaux pieds chauds et secs, dans de belles bottes... CONGELÉS !

Le problème

Dans une mission de plusieurs jours, il est primordial de bien gérer l’humidité. C’est une question de confort, mais aussi de survie, dans certains cas. Dans ce cas-ci, on parle plutôt de confort. Au courant de la journée, tes pieds suent sans cesse dans une coquille en plastique d’un huitième de pouce d’épais. On s’entend que ça ne respire pas fort fort ! À la fin de la journée, au camp, tu fais quoi avec tes chaussons plein de sueur ?

Une nuit au sec est bien meilleure qu'un matin avec des chaussons presque secs. Photo: Charles Bernier

Je t’entends déjà dire : « Tu peux dormir avec les chaussons, la chaleur de ton corps sera suffisante pour faire sécher tes bottes ! ». Oh ! Si seulement ! Ça marche pour tes gants et tes bas croûtés. En théorie, ça fonctionne aussi pour tes chaussons, c’est vrai. Mais en pratique, sa cause plus de problèmes qu’autre chose. Ça dégage tant de vapeur qu’on se croirait dans un sauna. Et qui dit vapeur, dit perte d’énergie. Pour que la sueur s’évapore, il doit y avoir une source d’énergie importante pour la transformer ainsi. Cette source d’énergie c’est quoi ? C’est toi, la personne qui essaie aussi bien que mal de rester au chaud dans son sleeping et qui doit partager le peu de chaleur avec ses chaussons trempés. Et c’est sans mentionner qu’une fois l’eau évaporée, elle s’accroche aux délicates plumes de ton sac de couchage en duvet, et ça, ce n’est pas une bonne affaire. Après 3 jours, tes bottes seront sèches, mais ton duvet en pâte. À toi de choisir !

(De gauche à droite) Bas en laine de mérino, bloque-vapeur, bas en cotton. Photo: Charles Bernier

La solution

Je n’ai pas LA solution… Mais j’ai une piste, tout de même. Pour ce faire, j’ai fait des tests avec différents objets qui suivent tous la même idée bien simple : créer une barrière qui empêche la vapeur du pied de transférer au chausson de botte. Grosso modo, tu enfiles un bas étanche (bloque-vapeur), afin que l’humidité s’accumule près du pied, au lieu d'à l'intérieur de ton chausson. À la fin de la journée, tu enlèves tes bas trempés et tes chaussons sont aussi secs qu’au départ ! Tu fais ensuite sécher tes bas minces au courant de la journée le lendemain en les gardant près de ton corps. Rendus le soir, ils seront secs !

Le système consiste à mettre un bas très mince et qui sèche très vite, lire polyester ou mérinos, comme première couche (absorbant), ensuite le bloque-vapeur (empêche l’humidité de progresser vers la botte) et par-dessus un autre bas mince pour isoler. Lors d’un trip de ski à Terre-Neuve le printemps passé, j’ai décidé d’explorer différentes options dans le confort d’une #vanlife chauffée au lieu d’une tente « frette ». J’ai fait le test avec trois méthodes : un bas bloque-vapeur RAB voué à cette utilisation, un sac de plastique d’emballage d’une commande en ligne, et finalement un test sans blocage vapeur comme comparatif. Dans les deux premiers tests, j’utilisais des bas en coton comme première couche pour mieux voir où s’accumulait l’humidité.

Conclusion

Pour commencer, c’est surprenamment confortable, on ne ressent pas l’humidité du tout, en fait. Honnêtement, je m’attendais à baigner dans une mer de sueur, mais ce n’est pas le cas, croyez-moi ! Du côté de RAB, leur bas, aujourd’hui discontinué, je crois, étaient les plus encombrants. Premièrement, le bas était un peu trop court pour une botte de ski. L’ajustement à cordon élastique à l’ouverture du bas devenait donc rapidement très inconfortable aux tibias. Le bas avait aussi la fâcheuse tendance à glisser en « motton » à la cheville (voir photo en haut à droite). Le bas du dessus, lui, fuyait au bout des orteils, puisqu’il glissait sur le nylon du bloque-vapeur (photo en haut à gauche). Le bas en plastique d’emballage utilisé, surprenamment, donnait les meilleurs résultats. Aussi étanche que le bas technique de RAB, il était maintes fois plus confortable, vu sa minceur et sa souplesse. Cependant, comme vous pouvez le voir sur la photo, il est plutôt fragile. Dans les deux cas, le bottillon était entièrement sec à la fin de journée malgré les efforts intenses et les longues approches. Par contre, ce qui est de la technique standard, soit sans bloque-vapeur, eh bien on connaît la chanson. Tout trempé et omniprésence olfactive dans la van.

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La deuxième option, celle du sac réutilisé, est selon moi la meilleure grâce au confort et au faible coût (0 $). Par contre, je ne m’y fierais pas trop pour une épopée de longue haleine vu sa fragilité. J’ai entendu dire qu’un sac de lait ferait un travail similaire, mais plus durable. À tester… En somme, je n’y vois que du feu, peu importe l’option. C’est confortable, ça limite les ampoules et les pieds de tranchée, mais surtout ça élimine les bottes en bloc de glace le matin.

Je ne prétends pas avoir tout vu, tout connu. Je ne relate ici que mon expérience. Si vous avez un truc à partager, une technique particulière, ou bien si vous avez une dent contre ces bloque-vapeurs, n’hésitez pas à m’écrire dans les commentaires, je me ferai un plaisir d’en discuter avec vous !

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