Un premier regard sur la météo pour la saison 2021-2022
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Un premier regard sur la météo pour la saison 2021-2022

Après une saison désastreuse pour le ski hors piste au Québec, on attend avec impatience la saison prochaine chez Estski. Le manque d’enneigement aura été si grave que de nombreux secteurs hors piste n’ont jamais ouvert et la saison passée n’aura été qu’un rêve pour des régions entières. Bien qu’il soit un peu tôt pour établir des tendances claires pour la saison entière, on a décidé de vous donner les dernières infos côté météo pour ceux qui n’en peuvent plus d’attendre la neige.

Le retour de La Niña ?

Il semblerait, à première vue, que le fameux phénomène sera de la partie pour un deuxième hiver de suite. Il y a quelques jours, le Climate Prediction Center du côté des États-Unis a mis à jour sa prévision et chiffre maintenant les possibilités d’un évènement La Niña à 70 %. Cet évènement devrait être moins prononcé que celui de l’an passé comme cela est souvent le cas lorsque deux évènements La Niña se succèdent. Selon les modèles, le tout devrait se mettre en branle au cours des prochaines semaines pour arriver à son apogée au cours du mois de novembre ou décembre. On devrait donc assister à un évènement La Niña faible la saison prochaine.

Patron typique lors d'un hiver La Nina

Bien que La Niña n’ait pas d’impacts directs sur notre climat comme c’est le cas dans l’Ouest, on note quand même des tendances ici. Les hivers La Niña faibles ont tendance à être généralement froids et légèrement plus neigeux que la normale en général. Cela est expliqué par le fait que la crête semi-permanente dans le golfe de l’Alaska causée par le phénomène pousse le courant-jet au sud vers le centre et l’est du continent. Un évènement La Niña faible n’est souvent pas suffisant pour renforcer le vortex polaire de manière significative, laissant donc l’air froid descendre en quantité sur nos secteurs.

L'oscillation quasi biennale

Graphique représentant l'évolution des vents dans la stratosphère de 1991 à 2021. En jaune, les vents de l'ouest et en bleu, ceux de l'est.

Le quoi ? L'oscillation quasi biennale, ou OQB, est le changement périodique des vents dans la stratosphère de l’ouest à l’est. Ces vents ont une incidence sur le vortex polaire, qui dicte la quantité d’air froid qui peut atteindre les régions plus au sud. Élément assez peu connu du grand public, le phénomène est découvert en partie à la fin des années 1800 lors d’éruptions volcaniques en Indonésie. La cendre produite par les éruptions permet alors d’observer des vents de l’est à très haute altitude que l’on surnommait Krakatoa Easterlies qui était le nom du volcan. Une étude une trentaine d’années plus tard découvre des vents de l’ouest dans les niveaux de la stratosphère, mais ce n’est qu’au début des années 1950 qu’on établit que des changements de direction périodiques se produisent. Les vents alternent donc sur une période de 28-29 mois, d’où le nom d'oscillation quasi biennale.

Donc, comme mentionné plus haut, l'OQB a une incidence sur notre vortex polaire tout dépendamment de la direction des vents dans la stratosphère. Quand l'OQB est en phase Ouest, cela a généralement pour effet de renforcer le vortex polaire et limiter le réchauffement dans la stratosphère, ce qui mène souvent à des hivers plus chauds sur nos secteurs. Lors de la phase Est, le vortex polaire est généralement plus faible et les évènements de réchauffement stratosphérique pouvant mener à la séparation du vortex sont plus fréquents. Cela nous apporte généralement des hivers plus froids.

Après une drôle d'année en 2020, on dirait que le tout est rentré dans l'ordre au niveau de la stratosphère cette année. La phase Est déjà entamée devrait donc se poursuivre.

Après avoir causé beaucoup d’incertitude l’an dernier, il semblerait maintenant qu’une vraie phase Est de l'OQB soit en train de se mettre en branle. Cela semble se refléter sur les modèles qui laissent présager un vortex polaire plutôt faible à partir du mois de novembre. À première vue, cela n’aura absolument rien à voir avec l’an dernier, alors qu’un vortex polaire puissant avait fait retirer l’air froid vers le nord en début de saison.

Avec plusieurs indicateurs pointant vers le froid comme cela, on peut en déduire que ça regarde assez bien pour la saison de ski hors-piste à ce jour. Selon les modèles, les premières neiges pourraient se faire attendre un peu plus longtemps qu’à l’habitude cet automne. Par contre, j’ai bien l’impression qu’il ne serait pas surprenant de voir l’hiver commencer en lion au mois de novembre.

Une faiblesse dans le courant jet semble être dans les cartes au mois de novembre. Cela pourrait contribuer à ce que l'on voie de jolies quantités de neige assez tôt dans la saison.

Malheureusement, étant donné que c’est toujours le mois d’août, c’est le plus de précisions que l’on peut donner pour le moment. D’autres mises à jour suivront au cours des prochaines semaines au fur et à mesure où plus d’informations fiables seront disponibles.

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