Comment initier un proche au hors-piste

Comment initier un proche au hors-piste

En tant que skieur hors-piste passionné, on donne souvent envie à nos proches d’essayer ce sport. Que ce soit un parent, un conjoint, ou un bon ami, on veut toujours leur offrir la meilleure expérience. Plusieurs conditions doivent être mises en place pour leur transmettre correctement sa passion. Voici quelques trucs acquis avec l’expérience, et quelques pièges à éviter.

Le passé de la personne d’expérience

Est-ce que vous êtes prêt à prendre responsabilité de quelqu’un en montagne ? Se gérer soi-même, c’est quelque chose, mais il faut être prêt à prendre la sécurité de quelqu’un qu’on aime sous sa responsabilité. Une simple peau qui ne colle plus, une bouteille d’eau échappée dans une pente ou un oublie de base peuvent mener à une expérience médiocre, voir dangereuse.

Avez-vous suffisamment de formation et d’expérience pour guider votre proche convenablement ? Dans un groupe, la personne la plus expérimentée est celle responsable de la sécurité des autres, en majeure partie. Vous devez être à l’aise pour secourir un blessé, et pour cela une formation de secourisme en région isolée est fortement recommandée. Il faut aussi être à l’aise en terrain avalancheux. La base, c’est de lire et comprendre un bulletin d’avalanche, d’être capable d’identifier les risques en montagne, d’être capable de trouver et de déterrer une victime, et d’être en mesure d’enseigner comment trouver et déterrer une victime à l’initié. En général, quelqu’un avec un Niveau 1 pro ou un CSA2 est en mesure de faire cela, et quelqu’un avec un CSA 1 et beaucoup d’expérience peut être en mesure de le faire.

Photo: Pierre-Olivier Bédard

Si vous avez répondu non à une des deux questions plus haut, il est préférable d’initier quelqu’un au ski de randonnée dans des endroits moins dangereux, tels qu’une station de ski (voir les politiques de remontées) ou un site de la FQME. Sinon, considérez un service de guide. Ça vaut le coup, croyez-nous.

Le passé de skieur de la personne

Le ski hors-piste, c’est difficile, et c’est un sport extrême. Évitez de tomber dans le piège des publicités qui vendent cela comme une balade tranquille en montagne. En plus des connaissances que l’initiateur doit avoir, le néophyte doit avoir les prérequis suivants.

La personne doit être capable de skier toutes les pistes et sous-bois d’une station de ski, dans toutes les conditions de neige possible. Le ski hors-piste, spécifiquement dans l’Est, ce n’est pas toujours de grands bols ouverts remplis de poudreuse. C’est aussi des sous-bois serrés, des conditions de glace, de croûte et des obstacles au sol. Même si on vise un champ de neige parfait, la majorité du temps, pour y accéder, on passe par une crête glacée, et on finit dans un sous-bois serré.

La personne doit être capable de fournir un effort physique modéré et constant pendant au moins 3 h. Si la personne n’est pas en assez bonne forme physique, ou qu’elle a une quelconque douleur chronique qui limite les temps de sortie, ce sera peut-être impossible pour elle de faire du ski hors-piste. Pour pouvoir profiter de sa journée et atteindre de petits objectifs, 3 h, c’est le minimum nécessaire. Par exemple, dans ce laps de temps en Gaspésie, on peut atteindre les sommets des monts Vallières, du mont Hog’s Back, des Champs de Mars et du mont Lyall.

Photo Olivier Dion

L’équipement

Il joue un rôle central dans le plaisir du sport. Les équipements suivants sont un « must » pour le néophyte :

  • DVA, pelle et sonde ;
  • Skis et bottes avec fixation débrayable ou technique (type Dynafit) ou splitboard ;
  • Sac à dos d’au minimum 25L avec sangles à ski ;
  • Vêtements en multicouche ;
  • Suffisamment d’eau et de nourriture.

Pour l’initiateur, quelques morceaux de plus sont nécessaires :

  • Trousse de premiers soins ;
  • Traîneau d’évacuation ;
  • Doudoune supplémentaire ;
  • « Hot pads ».

Les raquettes avec skis sur le dos sont fortement déconseillées si vous décidez d’initier quelqu’un. C’est déplaisant comme expérience, c’est tout. On connaît de bons magasins de locations un peu partout, faites un effort.

Les conditions parfaites

Pour initier quelqu’un pour vrai et lui transmettre sa passion, il faut du temps. Certains resteront accrochés au sport dès la première journée. Cependant, ce qui va marquer la majorité des gens, c’est tout ce qu’il y a autour du ski, l’expérience globale.

La fréquence de sortie doit être suffisante. On parle ici d’une vingtaine de sorties le même hiver, afin que la personne ait une vision élargie de ce qu’est la pratique du sport. Dans l’est, elle verra poudreuse, froid, glace, et elle fera suffisamment d’erreurs pour apprendre de ses expériences. Si vingt sorties c’est trop, pensez aux services de guide. Sinon, planifiez-vous 2 semaines de vacances à la fin février tout de suite !

Photo Olivier Dion

Il va sans dire que si vingt sorties c’est le minimum, la location de matériel n’est plus une option. L’achat d’un équipement est plus attrayant. D’expérience, pour 1000 $-1500 $, on s’en sort bien pour le fonctionnel, usagé ou en deal (ski, peaux, bottes).

Pour le matériel de sécurité, voilà les trois options :

  • Location (environ 15 $ par jour) ;
  • Achat par l’initié pour 500 $ environ ;
  • Achat par l’initiateur 500 $ aussi.

Personnellement, étant un skieur qui initie plusieurs personnes, j’ai un deuxième kit complet de sécurité avalanche. C’est souvent ce qui bloque les personnes à faire le saut, et j’ai convaincu plusieurs de mes amis avec cet argument.

Le choix des sorties

Je vous fais confiance là-dessus. En Gaspésie, tenez-vous-en aux classiques assez faciles, tels que les Champs de mars, le sud de Hog’s Back, Lyall, les coulées larges à Mont-Saint-Pierre, ou bien la vallée de la Jacques-Cartier près de Québec. Ne vous gênez surtout pas d’aller faire un tour en station fermée lors des premières sorties si la poudreuse est au rendez-vous.

Photo Olivier Dion

Les erreurs à éviter

Quelques erreurs de bases sont à éviter chez l’initiateur.

  • Un départ très tôt le matin. La vibe du ski hors-piste, c’est justement de ne pas être stressé pour skier de la poudreuse. On veut éviter le stress de la première chaise.
  • Trop aider l’initié. En faisant son sac le matin, ou en mettant ses peaux à l’auto, on apprend rien à l’autre.
  • Ne pas aider suffisamment l’initié. Avoir l’impression que quelqu’un nous attend n’est pas le meilleur sentiment. Essayez plutôt de mettre une de ses peaux en lui donnant des trucs, ou de faire des blagues si la personne est en dehors de sa zone de confort.
  • Faire de l’exploration. Éviter l’exploration à tout prix lors des premières sorties, à moins que l’initié ne le demande.
  • Sortir à tout prix. Si les conditions météorologiques ou d’avalanches sont dangereuses ne pas sortir avec l’initié (ou ne pas sortir tout court !).

J’espère que ce partage d’information fera de vous un meilleur initiateur.

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