Pour atteindre le Paradis, il faut parfois passer par l'Enfer au Vermont

Pour atteindre le Paradis, il faut parfois passer par l'Enfer au Vermont

Si tu te demandes c'est quoi ce titre, tu vas subtilement le comprendre en lisant cet article.

Cela faisait un bout que Jérôme et moi (Thomas) devions faire une sortie de ski hors-piste ensemble. Nous avions programmé une date et l'envie de faire un ravin au Mont Washington était dans l'air. C'était sans compter sur la météo qui nous a vite dissuadé : vent fort, précipitations abondantes et visibilité quasi nulle. Ce n'était pas raisonnable. Nous avons donc changé nos plans, direction les US toujours, mais dans le bois du Vermont cette fois, avec une nuit en refuge non chauffé.

Photo : Jérôme Guay

L'Enfer


Jérôme était à fond et nous avait concocté un beau petit programme. Mais ce que l'on ne savait pas, c'est qu'en voulant skier le ruisseau de l'Enfer, on allait devoir payer notre droit de passage.

Hein qu'est-ce que tu dis? Photo de Jérôme Guay


La communication brouillée


L'équipe a été recrutée à la hâte. Sans trop se faire prier, se sont ajoutés Martin, PO et Vincent. Avant le jeudi soir, le plan pour le samedi était encore un peu flou : tente, refuge, ordre des descentes... Défauts de communication ou signes de l'Enfer (on se le demande encore!), nous avons eu de la peine à nous comprendre avant le départ. Si bien que PO est arrivé avec un sac de couchage plutôt léger, persuadé qu'il passerait la nuit de samedi dans une place chauffée.

Les oublis

Et comme le Malin est plutôt malin, il a poursuivi son travail de sape pour nous détourner de notre focus premier. Avec des résultats plutôt convaincants puisque Martin en a oublié ses peaux et Vincent sa bouteille d'eau. Trois de nos membres étaient donc déjà affaiblis par les coups de l'Enfer mais ce n'était qu'un début.

Une petite nuit bien froide. Photo de Jérôme Guay

Les moves pas optimum

Les esprits de l'Enfer ont aussi certainement influencé Martin dans ses choix de nourriture avec ses quatre bananes dont trois laissés à l'air libre toute la nuit sur la table du refuge. De son propre aveu : "Cela gèle bien les bananes!". Résultat : Martin s'est vu amputé de son met favori pour la journée du dimanche. Les choix de sacs de couchage de Thomas et Vincent n'ont pas été très judicieux non plus (sans toutefois égaler ceux de PO!). En bref, ils ont eu légèrement froid toute la nuit.

Le froid et le calme avant la tempête maléfique. Photo de Thomas Thiery

La défaillance physique

Vous pensez certainement que la liste s'arrête ici, épargnant au moins l'un d'entre nous. Non! Jérôme a, lui aussi, été attaqué par la stratégie maléfique de l'Enfer. Les pieds en permanence gelés, il fut obligé à maintes reprises de dégeler ses orteils dans sa doudoune.

La disparition des preuves

Alors que nous nous approchions de notre but, à savoir le ruisseau de l'Enfer, d'autres esprits malins se sont attaqués au matériel de captation vidéo et photographique de Jérôme, jouant le tout pour le tout afin que nous ne puissions pas communiquer notre trouvaille.

Le paradis

C'était sans compter sur notre détermination à y arriver. Malgré ces quelques tours, notre programme s'est réalisé sans souci majeur finalement. Mais surtout, nous avons vraiment apprécié la profondeur de poudreuse. Ce qui l'était moins : la stabilité de la neige. Beaucoup de plaques se déclenchaient un peu partout sur la montagne. Sans doute un dernier coup de l'Enfer. Mais nous avions beau être dans son ruisseau, nous n'avions aucun doute sur le fait que nous étions bien arrivés au paradis de la poudreuse.

Photo : Thomas Thiery - Skieur : Pierre-Olivier Bédard
Photo : Thomas Thiery - Skieur : Pierre-Olivier Bédard
Photo : Martin Lacroix - Skieur : Jérôme Guay
Photos : Jérôme Guay - Skieur : Martin Lacroix
Photos : Thomas Thiery - Skieur : Pierre-Olivier Bédard
Photo : un guerrier bootpackeur à mains nues

Les noms complet de l'équipe : Jérôme Guay - Thomas Thiery - Martin Lacroix - Vincent Houle - Pierre-Olivier Bédard.
Merci à Jérôme Guay pour avoir développé mes photos (Thomas).