Journal de bord d'un été en Argentine

Journal de bord d'un été en Argentine

Arrivée au refuge, la vue

Le printemps est bien entamé ici dans le calendrier et vous pensez peut-être déjà à vos prochains voyages de ski. L'hémisphère sud est une terre d'accueil tout à fait dépaysante l'été. Plusieurs de nos EstSkieurs y ont pris goût, à l'image de cet été 2017. Olivier Dion et Thomas Thiery étaient dans le coin de Los Molles, Mendoza, Argentina. Voici le journal de bord de leurs deux semaines de ski.

Jour 1 : Remise en forme dans du whiteout, du vent et de la neige dans une ligne au-dessus du refuge, relaxe, esthétique et facile d'approche.

Petite ligne dans le whiteout

Jour 2 : Nous profitons de la poudreuse fraîchement tombée dans la montagne labyrinthe. Un couloir devait nous mener droit au sommet, mais rendu dedans, des coulées de neige humide nous ont vite arrêtées. On a alors skié des faces poudreuses dans ce secteur, moins exposées. (Pas de photos désolé!)

Jour 3 : Gros projet, la montagne Horqueta (v1) avec ses beaux couloirs nous narguent depuis un bout. Il est temps de s'y attaquer. Au programme : 12 heures en montagne - 1600m de vertical (1900m - 3500m) et 24km. Résultat : on s'est rendu aux 2/3 d'un couloir. Une plaque à vent, la fatigue de la journée et le vent qui remontait dans le couloir auront eu raison de nous.

La Horqueta si proche et si loin

Jour 4 : Petite ligne au-dessus du refuge avec les chiens du refuge. Les jambes sont restées dans le couloir de la veille.

Petite ligne de ski en bonne compagnie

Jour 5 : On part en camp pour trois jours juste avant la tempête, il n'y a plus de places nulle part en montagne. C'est le week-end prolongé de San Martin en Argentine.

Départ pour un camp de 4 jours

Jour 6 : Jour 2 du camp. On s'est ramassé un 40cm de neige légère directement transformé par le vent à la fin de la tempête. Le matin, on doit skier une neige profonde avec une légère croûte de vent par-dessus assez difficile à skinner. Les objectifs sont donc réduits et on vise une ligne esthétique avec de la poudreuse.

Tempête de neige au camp

Jour 7 : Jour 3 du camp. Le soleil est toujours de la partie mais le vent a soufflé toute la nuit violemment. Nous sommes un peu épuisés au matin et décidons d'aller faire une autre ligne pas trop loin qui doit être restée en poudreuse. Cela commence à chauffer fort, on est inquiet pour le dernier jour du camp.

Ligne bien poudrée à proximité du camp

Jour 8 : Jour 4 du camp. C'est l'été dans les montagnes. On tente une petite ligne avant que cela chauffe au-dessus du camp avant de le démonter. C'était trop tard. À 10h, ambiance patates pillées. Le ski out avec le camp se fera finalement en bottes car cela colle trop.

Cela colle et fait chauffé les cuisses

Jour 9 : Olivier part en solo au-dessus du refuge avec trois chiens. Le petit blanc était un peu trop téméraire et a fini dans les bras d'Olivier au bord de l'hypothermie. Une nouvelle tempête se prépare, le vent souffle fort et le temps est couvert.

Petite forme chez les chiens skieurs

Jour 10 : On craque pour un billet de ski en station. On part sur le pouce pour une powder day bien grasse à Las Leñas avec la légendaire chaise Marte ouverte.

Journée de poudreuse sans fond dans la station de Las Leñas

Le terrain de la chaise Marte est tout simplement incroyable

Jour 11 : On retourne sur le pouce dans le secteur de Las Leñas pour aller skier des spines de 250m de vertical. Bien connus des locaux sous le nom de La Oficina, on passe une bonne journée bien poudreuse.

Beau petit terrain de 300m la Oficina est bien préservée par le vent et le soleil

Jour 12 : Quelques jours après la dernière tempête, la neige s'est bien stabilisée et on tente à nouveau le sommet de La Horqueta. La veille au refuge, on a rencontré Frederico, un brasseur de bière et splitboardeur. Il va nous approcher de 3km le jour même avec son pickup. Une belle journée de 12 heures, 1900m de vertical positif, le sommet du couloir (3800m) réussi et une descente de ski de survie serait un bon résumé de la journée.

La Horqueta au levé du jour

Contemplation du sommet de la Horqueta

Skier dans ses lignes majestueuses

Jour 13 : On fait à nouveau une ligne au-dessus du refuge. La montagne de 2800m possède une multitude de lignes sur 2km de 500m de vertical skiable. La descente contraste vraiment avec la veille avec sa poudreuse à peine transformée par le vent.

Le chien contemple la vallée du haut de la montagne

Le chien ski aussi vite que nous

Au final beaucoup plus de poudreuse que prévu, un peu moins de projets de ski mountainering, un camp réussi et un séjour sans auto.

Attente du bus pour le retour vers Mendoza

Photos Thomas Thiery - Sujet Olivier Dion