Parmi les loups, au cœur de la Jacques-Cartier

Parmi les loups, au cœur de la Jacques-Cartier

EstSki, The Loners et Jp Poulin finalisent présentement les derniers détails d'une expédition dans la réserve de parc national Akami-Uapishkᵁ — KakKasuak — Monts Mealy au Labrador. D'après nos informations, il s’agirait des premières descentes de ces sommets en ski alpin.

Dans le but de tester le matériel et la chimie du groupe, les membres de l’expédition se sont rejoints pour un séjour de camping d’hiver dans le parc national de la Jacques-Cartier. L’objectif sportif était de skier des couloirs situés le long de la vallée à environ 14 km d’approche du pavillon d’accueil. Pour séjourner dans l’arrière-pays, il est nécessaire de demander un permis d’accès auprès de la SÉPAQ au moins une semaine à l’avance.

Premier constat : ne pas oublier la cire pour peaux!

La température clémente et une petite couche de nouvelle neige ont ralenti notre progression vers le fond de la vallée, car la neige s’accumulait en amas sous les skis. En tirant un traîneau, c’était même carrément pénible. Par chance, l’approche s'est révélée relativement plate tout le long, ce qui nous permettait de retirer les peaux et de continuer sur les bases de skis. Nous savons déjà que nous ne pourrons pas le faire au Labrador.

ApprochePhoto : Thomas Thiery

La préparation du camp avec coucher de soleil

Après cette longue approche, les couloirs prévus pour la journée nous ont déçus. Comme c’est souvent le cas dans l’Est, la ligne était remplie de fouettes avec une qualité de neige variable sur cette orientation sud-ouest. Une montée et une descente rapide dans les arbres, puis c'était le temps de faire le camp pour la nuit au coucher du soleil. S’en est suivi le festival du brûlage de naphta (carburant pour brûleur d'expédition) et autre substance.

Camping hiverPhoto : Émile Dontigny

La deuxième journée a débuté avec le démontage du camp et le toujours très anticipé enfilage des bottes glacées. L’approche au Labrador nécessitera un camp de base intermédiaire. Cette petite pratique visait donc à réduire l’inertie matinale une fois sur place. Direction quatre kilomètres plus au Sud, où des lignes alléchantes avaient été repérées la veille. L’orientation nord-est nous donnait espoir d’avoir accès à de la meilleure neige.

Une carcasse au bord du sentier

La traversée de la rivière s'est faite par le Pont-Banc, nommé ainsi à l’époque de la drave (exploitation forestière, ndlr). Une carcasse fraîche de cerf se trouvait en bordure du sentier. Pas de doute, c’est le territoire des loups!

Arrivés à l’emplacement prévu, nous avons largué notre matériel de camping avant de nous diriger vers une ligne avec un bon potentiel. Le niveau d’enthousiasme est monté d’un cran, puisque la neige était définitivement plus agréable sur cet aspect. Une montée typique de l’Est (lire bushwack bien steep) nous a poussés vers le bootpack assez rapidement.

BootpackingPhoto : Émile Dontigny

Un peu juste en nourriture

Les efforts sont enfin récompensés avec quelques belles descentes dans la journée. Nous avons poussé jusqu’aux dernières lueurs du jour avec le camp au pied des descentes. Puis rondement, nous avons monté ce dernier dans la pénombre comme tout le monde savait quoi faire. Par contre, l’estimation de naphta et de nourriture a été un peu juste pour cette aventure. À revoir!

Sendy CharlyPhoto : Thomas Thiery

Pour la dernière journée de l’expédition, on a remballé le camp et on s'est fait plaisir avec probablement la plus belle ligne de la fin de semaine! Au final, la vallée de la rivière Jacques-Cartier nous a offert beaucoup plus que du ski dans les arbres. Les slides valaient l’effort. Le fait que le chemin ait été tapé par une motoneige de la SÉPAQ presque quotidiennement et qu’il n’y ait pas de dénivelé a aidé à couvrir la distance rapidement. On se dit que ce projet se prêtait probablement plus à un daytrip qu’à un camping hivernal sur plusieurs jours.

Encore des ajustements

Néanmoins, ces trois jours au cœur de la Jacques-Cartier ont servi à faire quelques ajustements en ce qui a trait à l’équipement et la gestion de l’humidité sur plusieurs jours. Ce n’est pas souvent qu’on se plaint d’une température clémente en camping d’hiver, mais il aurait pu faire plus froid pour se tester au maximum. Prochaine étape : les monts Mealy!

Merci à nos partenaires dans le cadre de l'expédition au Labrador: Black Diamond, MEC, NEMO Equipment, GUSTA et BioBon!