Comment j’ai survécu à ma première course de skimo

Comment j’ai survécu à ma première course de skimo

Le skimo, c’est quoi ?

Le skimo, c’est le petit frère hyperactif du backcountry, où le mot “light” est roi et maître et où la montée est (presque) aussi grisante que la descente. C’est un croisement entre deux mondes opposés, le mood relax du ski de rando et le mood performance. En skimo, tu comptes pas le nombre de descentes que t’as fait, mais bien le nombre de montées (OK, vous allez me dire que c’est la même chose... Mais bon, vous avez compris !).

J’avais jamais fait de ski alpin de ma vie, alors quand j’ai décidé de faire ma première course de skimo, je ne savais pas du tout dans quoi je m’embarquais. Je me disais : j’ai un bon cardio et je suis capable de descendre à 65 km/h avec mes petits skis de fond, ça peut pas être SI PIRE. Ha ! Ha ! Ha !

Bref, un peu random, comme à mon habitude, je m’inscris et réserve mon équipement. Mon amie me donne rendez-vous la veille de la course pour m’expliquer comment ça fonctionne, principalement les transitions, qui sont très importantes.

Course Skimo première image
Photo : David Moore

Rendez-vous au mont Sainte-Anne

Je me pointe donc en fin d’après-midi au mont Sainte-Anne, j’enfile mes bottes et hop ! tutoriel express !! Je comprends bien assez vite qu’y a beaucoup de choses à retenir et qu’il faut que je pense à faire les étapes toujours dans le même ordre pour ne rien oublier aux transitions : boots, bindings, skins. Donc en premier, barrer tes bottes pour être en mode descente. Ensuite, tourner ta fix en mode descente aussi. Vient ensuite le jeu de gymnastique alpine : lever le ski, prendre le devant de la peau et tirer comme si tu arrachais un Band-Aid, le tout sans mettre ladite peau dans la neige (sinon, elle colle pus…). Pas besoin de vous dire que la première fois que j’ai essayé ça, ce n’était pas digne du Cirque du Soleil ! OK, pas grave, j’enlèverai mes skis pour la transition. Je suis pas à deux minutes près; je n’aspirais pas à la victoire, disons !

On monte ensuite dans la montagne. Je tripe raide, je me sens à l’aise. Ça ressemble presque au ski de fond, sauf que c’est pas pareil pantoute… ;) !

Une expérience délirante !

Vient ensuite la transition pour redescendre. Un autre beau moment, malheureusement non capté par la caméra. Je suis prête à descendre et là, je réalise le morceau de robot qui me manquait : je sais pas faire du ski alpin. La honte ! Je descends la familiale en chasse-neige. Pas capable de descendre en une fois, faut que je m’arrête parce que mes jambes chauffent. Pis la fille, a se disait en forme ? Ha ! ha ! ha ! ha ! Leçon d’humilité, ça va être beau demain ! Pas grave, je finis par me rendre en bas. J’enlève mes skis et mes bottes. Je retourne chez nous en me disant que j’ai rien à prouver pis que ça va être vraiment une belle expérience.

Je vous épargne le résultat de ma course du lendemain. Même scénario, sauf que mes pulsations cardiaques ont atteint des sommets aussi hauts que le mont Sainte-Anne durant la montée !

Course Skimo deuxième image
Photo : Jérôme Bergeron

Cool, la communauté skimo !

Malgré mes difficultés techniques nombreuses, j’ai vraiment tripé sur ce sport-là, principalement à cause de ses adeptes ! Les gens sont tellement cool. Tout le monde veut s’aider en se donnant des trucs. C’est une course, mais avec une ambiance conviviale qu’on retrouve peu ailleurs.

Ma suggestion : SkimoEast

Si je t’ai donné envie de vivre cette expérience unique, va voir le site Web de SkimoEast. Il y a de l’équipement pour les différentes catégories de courses. Tu peux même emprunter un kit pour ta première fois. On peut en faire à tout âge. En passant, un petit garçon de huit ans a fait la première course de la saison à Stoneham, cette année. C’est-tu pas assez cool, ça ?

Tu vas peut-être te demander pourquoi je ferais une course si je peux juste aller me promener dans le bois tranquille pis observer la faune canadienne. OK, j’ai pas d’argument pour ça… Mais si t’es du genre à vouloir te mettre au défi, une petite course une fois de temps en temps, c’est le top !

J’ai attrapé la skinusite

Je suis entrée dans le monde du backcountry par la porte d’en arrière, un peu à l’inverse de tout le monde. Depuis, j’ai élargi mes skis autant que mes horizons. J’ai commencé par les courses de skimo, puis j’me suis équipée en skis alpins parce que je voulais apprendre à descendre comme du monde. Après ça, les trips de ski dans les Chics-Chocs et comme ça, sans crier gare, je l’ai attrapée moi aussi, la fameuse skinusite !!