6 - 2 sur le Dos de Cheval : épuisant et un peu frustrant

6 - 2 sur le Dos de Cheval : épuisant et un peu frustrant

Ceci n'est pas le résultat d'une game de hockey. Rassurez-vous : Estski fait encore du ski. "6 - 2" ça veut plutôt dire qu'au départ du projet, on était 6, puis 4, puis 5, puis 3, puis 1, puis à la dernière minute, 2.

D'un projet d'exploration en ski hors-piste bien préparé, il a fini par être relégué aux projets dits de "dernière minute". Et comme la préparation s'est faite à la "dernière minute", quelques vérifications n'ont pas été faites comme il faut, du genre l'épaisseur du snowpack. Bref, Estski a joué les explorateurs dans le Saguenay cette fin de semaine au mont du Dos de Cheval.

Prise de conscience de la réalité avec le défaut de prépation

Départ samedi à 2h40 du matin de Saint-Adolphe-d'Howard de Thomas Thiery (moi!) pour aller rejoindre un tout nouveau partenaire à 4h à la jonction de la 40 et 440 à Terrebone. Heureusement, le partenaire en question ne sait pas encore tout à fait dans quoi il s'est embarqué, ce qu'il va vite réaliser.
Arrivée à 9h30 au point de départ entre la zec Onatchiway et la ville de Saguenay. Le snowpack n'est pas inspirant : entre 40 et 60 cm de fluff sans fond. C'est là que l'on se dit qu'on va juste faire de l'exploration et non du ski, mais que l'on est surtout là pour cela.

De la négociation au départ

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On demande à un local de stationner sur sa propriété et de pouvoir la traverser. On en profite pour lui demander l'état de la glace du réservoir que l'on appellera "le homard". Tout est beau. On va pouvoir commencer notre approche de 8 km mesurés (sans doute 10 km réellement) vers les slides convoitées. On traverse le réservoir et, rendu de l'autre bord, on découvre une route déneigée qui nous aurait fait gagner quelques précieuses minutes et énergie. Puis, on bascule sur un chemin de Ski-Doo tapé. On se dit que notre projet va être plus facile que prévu.

Fin de la facilité

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Au kilomètre 3, c'est la fin des routes tapées et le début de l'aventure. Beaucoup de chemins forestiers ont été entretenus, soit par des chasseurs, soit pour la pratique du Ski-Doo. Les autres chemins sont justes impénétrables et la forêt est trop jeune. Donc impossible d'y avancer.

On manque notre plan initial d'aller voir les slides du versant ouest qui offrent le plus gros dénivelé. En effet, un chemin qui était tracé sur nos cartes n'était plus présent. On continue notre plan B : des slides sur les images satellites plus propres, mais avec un dénivelé moindre côté est.

Le doute

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On arrive en bas des slides et de loin, cela nous paraît pas si pire. On estime la pente à 30°. On se lance pour skinner. Un peu de bushwack réglementaire et on arrive directement au pied de la pente. On s'aperçoit finalement que le 30° est plutôt un 50° sur la partie inférieure finissant sur des arbres, pour aller vers un 35° plus sur le haut. On s'essaie en ski, en bootpack, rien n'y fait. La fluff sur une dalle en roche recouverte de glace, cela n'est pas évident voire juste impossible sans crampons. On bootpack par la forêt pour se rendre au dessus du 50° et voir si quelque chose est possible sur des skis. Après 5 minutes de concertation, le peu de plaisir et le risque de se blesser n'auront pas laissé le doute longtemps sur la dualité ski ou pas ski. Résultat : retour direct en bootpack sur le chemin forestier.

On se rassure en se disant qu'on a découvert une belle slide quand la base de neige sera plus importante.

L'épuisement

Au bout de 15 km de skin, notre condition physique de début de saison nous rappelle à l'ordre. Mal aux pieds, mal aux cuisses et manque d'énergie. Les derniers kilomètres sont les plus difficiles. Pour nous enlever toute pensée frustractice, on se dit qu'on était dû pour une bonne remise en forme et un peu de connaissance sur ce nouveau terrain.

Baisse d'ambition sur le projet du lendemain

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Croyez-le ou non, le lendemain, nous avions prévu une session d'exploration plus longue que lors de la première journée. Mais le manque de base en basse altitude et notre forme physique (un orteil bleu) ont eu raison de notre motivation. Nous avons donc remisé nos skis sur une valeur sûre où il y a du snowpack. Destination le Valinouet pour une séance de randonnée dans le versant fermé. 1 m de snowpack et 40 cm de fluff nous auront bien réconforté après la séance plutôt difficile de la veille.

Photos : Thomas Thiery - Skieur ou plutôt skineur : Nicolas Cloutier