Leçon à l'Ouest canadien

Leçon à l'Ouest canadien

Tout a commencé par une certitude, celle qui balaie tous les doutes : "planifions" un voyage de ski dans l'Ouest canadien ! Sauf que planifier un voyage de poudre, ce n'était pas franchement l'idée du siècle.

Nous étions pourtant persuadés d'être dans le vrai. Sur le papier, tout concordait : les témoignages, les statistiques... En dix jours dans la Powder Highway mi-février, il était presque impossible de ne pas rencontrer une tempête. En pratiquant le ski hors-piste, nous augmentions aussi nos chances de faire de l'excellent ski. Pour nous, il n'y avait pas d'erreur possible. Alors nous avons vite acheté nos billets d'avion et nous sommes inscrits à une clinique de ski backcountry au Powder Fest de Whitewater.

Le moral au plus bas

Avant le départ, les mauvaises nouvelles s'enchaînent : les prévisions n'annoncent aucune neige supplémentaire, les températures sont ultra clémentes, les stations ferment leurs secteurs les unes après les autres. Et histoire de nous démoraliser un peu plus : nous quittons pour quelques jours des conditions exceptionnelles dans l'Est. Tout cela est rageant !

Fernie, première étape et première impression : les montagnes sont étonnamment brunes. Le matin lors de notre approche vers la station, nous pensons déjà à un plan B, le bas des pistes étant complètement dégarni de neige naturelle. Nous prenons la direction du backcountry et des faces au sud pour profiter d'excellentes conditions de printemps. Nous venons de sauver notre première journée de ski.

Le challenge Whitewater

Mais nous ne resterons pas. Toujours sur le papier, Whitewater a l'air de disposer d'une plus grosse base neigeuse. Nous nous y rendons donc plus tôt que prévu, en espérant que les sommets soient encore en neige fraîche. Sur place, nous déchantons à nouveau : les conditions de ski y sont challengeantes (comme disent les locaux), avec une croûte de bord en bord. En gros, c'est à peine skiable. Et si nous ne voulons pas que ces trois jours nous paraissent une éternité, il va falloir sacrément innover !

Finalement, nous retiendrons de ces trois jours :

  • Notre participation improbable à la Poker Run de la station, faite de déguisements farfelus, de course backcountry et de partie de poker.
  • La séance de magasinage à l'Armée du Salut qui nous a permis de nous faire remarquer sur les pistes, à grands renforts de vêtements vintage.
  • Les produits bio-locaux de l'épicerie centrale de Nelson, toujours bienvenus.
  • Le party d'après-ski au Jackson's Hole & Grill avec sa bière locale, la Face Plant, de la Nelson Brewing Company.
  • Le show de Randy & Mr Lahey au Spirit Bar avec leur humour sexiste, arrosé et grinçant.
  • Les danses en ligne improvisées au Pub & Grill Le Royal, à nous en user les semelles.
  • Les courtes, courtes, courtes nuits à l'auberge de jeunesse.

Banff et le moral remonte

Après trois jours d'oisiveté momentanée, c'est le moment de repartir chercher notre précieux maudit bon ski.

Arrivés à Banff, nous croisons nos orteils dans nos bottes de ski. Bon choix ? Mauvais choix ? Nous le verrons le lendemain à la station de ski de Sunshine Village. L'altitude et une position plus au nord nous donneront raison. Nous allons enfin pouvoir skier de la neige fraîche, restée intacte depuis deux semaines. Légèrement échaudés par les jours précédents, nous décidons de jouer la sûreté en restant dans cette station... jusqu'à la fin du voyage. Nous prenons le forfait X-Country. Le billet nous permettra de monter à 2100m et d'aller chercher les autres sommets en profitant pleinement des conditions de skis.

La malchance de l'Ouest avait décidé de nous lâcher. Mais nous avions appris notre leçon : ne rien réserver à l'avance, sauf du temps disponible.