5 skieurs typiques de l'Est

5 skieurs typiques de l'Est

Pour Noël cette année, comme preuve d'amour, nous avons décidé de vous offrir une description de chacun de vous, skieurs de l'Est. L'article qui suit présente cinq catégories : le skieur montréalais, le skimo, le ski bum, le guerrier de fin de semaine et l’estskieur. À vous de déterminer celle qui vous correspond le plus.

Le skieur montréalais

Le skieur montréalais représente une grande partie de la communauté du ski hors-piste. Il habite la région métropolitaine, et peut se retrouver à Saint-Jérôme, Longueuil, Laval, la région autonome du Plateau ou Hochelaga. Deux points les unissent : un désir de se faire considérer comme des skieurs hors-piste, et un manque de connaissance et d’expérience flagrant.

Il se vantera de ses exploits devant ses amis non skieurs. Un Montréalais m’a également déjà demandé au sommet du Grand Couloir sur Hog's Back en Gaspésie : "Elles sont où les pistes ici?" Il parlait des champs et coulées probablement.

Le skieur montréalais est défini par les caractéristiques suivantes :

  • il possède un équipement trop sophistiqué pour ce qu’il sait en faire;
  • il aime le ski hors-piste, mais n’a jamais skié de poudreuse;
  • il a acheté un forfait ski tout inclus à un coût exorbitant;
  • il se rend au mines Madeleine en Communauto pour skier le Tube au printemps;
  • il peut dire : « J’aime mieux les fixations du type Marker parce que c’est plus polyvalent » - l’étudiant paumé;
  • il lui arrive souvent de déposer ce type d'annonce sur le bazar : "équipement de 2500$ à vendre 1000$ après avoir skié 2 ans avec (12 sorties)".

Skieurs de la région métropolitaine, malgré votre position géographique, sachez que les chances que vous vous retrouviez dans un autre groupe plus tard sont grandes.

Le skimo

Ce groupe est cousin très proche du triathlète ou du marathonien. Dans tous les cas, c’est souvent au tournant de sa quarantaine que le père de famille un peu bedonnant tombe dans l’entraînement compulsif et excessif. Le skimo fait partie des activités lui permettant de « se dépasser ».

On peut le reconnaître par les caractéristiques suivantes :

  • des lunettes sur le casque;
  • un habit moulant nous permettant de voir son set de clef au complet;
  • une attitude « regardez-moi », sans en être conscient;
  • une Porsche Macan;
  • une ascension plus rapide qu’une chaise;
  • une descente pas beaucoup plus rapide qu’une chaise;
  • des cure-dents aux pieds;
  • un condo à Tremblant.

Le skimo se retrouve à l’état naturel dans les évènements entourant les courses, loin de sa femme, celle qui lève les yeux au ciel lorsqu’il lui parle de sa dernière course. Il ne se rend pas compte qu’elle n’en a rien à faire, mais il ne ressent aucun mal à lui rappeler que lui, n’en a rien à faire de sa soirée de fille avec Sophie et Mélanie.

Attention skimo, ta femme pourrait être tentée par un ski bum, beaucoup plus relax.

Le ski bum

Appartenant à la catégorie des bums (beach bum, river bum, fish bum, etc.), il vit dans une ville où le ski est à proximité. Les ski bums sont souvent mésadaptés socialement, ont peur de l’attachement, sont portés à gauche et trouvent sexy l’odeur du patchouli. Pour eux, le travail l’hiver est impensable, à moins qu’il ne se fasse en montagne. Au Québec, ils se concentrent à trois endroits : Murdochville, Sainte-Anne-des-Monts et l’Anse-St-Jean.

On le reconnaît aux caractéristiques suivantes :

  • des cheveux et une barbe négligés (depuis longtemps);
  • des bottes de ski en faisant l'épicerie;
  • une Subaru 350 000 km;
  • du Ducktape sur l’équipement (sauf pour les ski bum sponso);
  • un mode de vie en groupe de 3-4;
  • l'utilisation d'un jargon incompréhensible;
  • il fait la fête uniquement quand le ski n'est pas bon.

Le ski bum se retrouve parfois sur le mont Albert, parfois ailleurs, mais il se fait toujours très subtil : il ne laisse que très peu de traces, sauf dans cette ligne impressionnante.

Le guerrier de fin de semaine

Groupe appartenant aux parents plein air, il est parfois un ski bum refoulé. Il se dit vivre une vie équilibrée, entre son 9 à 5 et ses fins de semaine à passer 14 heures sur la route, 22 heures en ski, très peu à dormir et manger, et aucun temps à avoir du sexe ou à s’occuper de ses enfants.

Skieur impénitent, il se reconnaît par les caractéristiques suivantes :

  • l'utilisation de TOUS ses congés maladies entre janvier et mars;
  • l'inefficacité au travail en hiver;
  • plus de temps passé sur Google Earth qu’à socialiser avec les membres de sa famille;
  • plus de temps passé au téléphone avec Steve, pour arranger la fin de semaine, qu’à socialiser avec les membres de sa famille;
  • 1 hypothèque de 350k$;
  • 2 voitures;
  • 3 enfants;
  • 4 paires de skis.

Ce type de skieur doit généralement gagner des « air lousse » pour pouvoir aller skier, lui faisant faire des dizaines de trucs contre son gré, tel que préparer à manger, aller chercher les enfants au cours de piano, aller souper chez les beaux-parents, etc. Ces activités le rendent irritable, mais il peut se réconforter de pouvoir skier et gagner des « air lousse » en même temps en pratiquant le ski de soir avec les enfants.

L’estskieur

Tantôt ski bum, tantôt guerrier de fin de semaine, le genre est une classe unique. Le groupe est mal défini, et des sociologues et psychologues se sont penchés sur son cas. Ils sont arrivés à une conclusion : Estski est un groupe de radicalisation du ski. Suivant une doctrine floue et ayant l’approbation de ses pairs, l’estskieur agira en groupe de 2 ou 3 afin de mettre en œuvre un plan lui permettant de skier des territoires inexplorés et parfois interdits d’accès au Québec. C’est un groupe d’extrême-croûte.

On peut reconnaître l’estskieur aux caractéristiques suivantes :

  • une rupture des relations avec ses proches habituels en hiver;
  • il trouve normal de faire 1400km d’auto et 13km d’approche pour skier une coulée de 180m;
  • « Les caribous aiment les skieurs » est l'une de ses doctrines;
  • il se rend au Labrador avec une voiture de fonction;
  • il réussis à faire des photos de poudre, même dans les pires conditions du monde (pour recruter des gens);
  • il se persuade que c'est un bon plan alors que tout indique le contraire;
  • il retourne toujours à la maison avec une dégradation de son matériel;
  • il trouve normal de privilégier le ski dans l'Est versus celui dans l'Ouest.

Vous connaissez maintenant une partie de la vérité sur Estski, et vous n’avez pas eu besoin de l’émission « Enquête » ou d’un petit journal indépendant. Nous fabriquons le consentement.

Les évolutions potentielles

De ski bum à guerrier de fin de semaine : lorsqu'un accident d’été peut vous obliger à acheter des couches, une maison et à vous trouver un job « steady ».

De skimo à guerrier de fin de semaine : lorsque votre ami Steve vous emmène dans un trip de poudreuse et que vous tombez accro.

De guerrier de fin de semaine à ski bum : lorsque vous n’en pouvez plus de votre rythme de vie effréné, il se peut que vous pétiez un câble.

Au Québec, il n’y a pas de hiérarchie dans les classes de skieurs. Tout le monde a sa petite boîte, sur le même piédestal… Ah non c'est vrai, sauf les splitboarders.