L'Islande selon Félix Savard-Côté : bowls, faces et couloirs au programme

Félix a temporairement quitté sa Gaspésie pour explorer un nouveau bel endroit sur la planète : l'Islande. Il revient avec nous sur son séjour d'une semaine en mars dernier.

Tout a commencé par l'achat d'un billet d'avion pour l'Islande. Le prix était "fair enough". 550$ incluant le surplus d'un bagage de ski.

Islande Selfie Félix

Jour 1

Petit souci à l'aéroport de Montréal à la compagnie WOW Air. Ils ne comprennent pas ce qu'est le surplus de poids dû au matériel de ski. Finalement, nous leur montrons sur leur site internet que l'ajout d'un bagage de ski existe et ils nous laissent passer sans extra. Mais ils nous mettent en garde qu'au retour de l'Islande, cela pourrait poser problème à nouveau.

Enfin arrivé a Keflavík, on prend la navette qui fait le tour des compagnies de location de véhicules. Nous louons une petite 4x4 pour le séjour dans la Péninsule des Trolls. Il est 4h du matin, le simili jeep est chargé, direction Siglufjörður. Durant le trajet de six heures, des décors mystiques se dévoilent avec le lever de soleil. Ils sont chargés pour moi de souvenirs de films et de lectures sur l'Islande. Ces décors sont maintenant réels. Pour les yeux d'un skieur, c'est un paysage vivant et vraiment intriguant que nous ne tarderons pas à investiguer.

Arrivé à notre demeure pour les six prochaines nuits, on sort les petits de la voiture, on s'empresse de faire connaissance avec les rudiments de la ville et le charmant propriétaire du Hiring guest house puis on va skier à la station du village. C'est là que l'on fait nos premiers virages islandais après quelques dizaines d'heures de voyage!

La neige est incroyable. 10-20 cm de poudreuse partout. Après notre première run, on remonte pour skinner et bootpacker un beau couloir vu de la route en bas plus tôt. Enfin, bien satisfaits de notre arrivée, c'est l'heure de dormir et de recommencer le lendemain.

Jour 2 et 3

Nous sommes en direction de Ólafsfjörður, un village à 15 minutes plus à l'est de Siglufjörður. Après la traversée des tunnels one way et un fjord fantôme, nous voilà arrivés à un paradis. C'est d'ailleurs là que nous avons passé le jour 2 et 3 à skier des couloirs, bowls et faces dans la poudreuse.

Jour 4

Gros vent, grosse pluie. Les locals n'ont jamais vu autant d'avalanches en 30 ans. Le danger est élevé. On décide donc d'aller tester les bains thermaux de Grettislaug. Deux heures de voiture avec des paysages à s'arrêter au 50km pour prendre des photos. Le propriétaire des bains nous suggère de mettre des grosses pierres pour ne pas tomber dans un fjord en voiture à cause du vent et ne plus jamais être retrouvés. Il nous a avoué qu'il ne prendrait pas la route pour rentrer à Siglufjörður ce jour-ci. Ça explique pourquoi nous sommes les seuls a vouloir nous baigner avec 100km/h de vent. Ça va, c'est de l'eau chaude, quoique pas tant chaude avec un vent arctique comme ça! La grêle nous rentrait par les oreilles et sortir du bain n'était pas si évident.

De retour au bercail, incapable de ne pas aller skier, je vais au sommet qui est littéralement l'autre côté de la rue. Dû à la météo intense, mon partenaire décide de prendre ça easy!
Pour ma part, rendu sur la crête, le vent m'a jeté par terre plusieurs fois. J'ai profité de ce vent que j'estime à plus de 160km/h pour me laisser pousser à ski.

Jour 5

La météo est identique à la journée d'avant. Direction Dalvík dans la capitale du Nord pour rencontrer un ami de longue date et partager un fish & chips pas tant fou bon. Nous décidons d'aller visiter la station de ski de Dalvík. Avec le temps qu'il fait, elle est d'une part fermée et les brouillard, vent, pluie et slush dans l'atmosphère nous empêchaient de voir à 2m.
De retour à la maison sous la pluie. Je décide d'aller skier un couloir que j'avais vu la veille. "Don't leave fish to find fish" qu'ils disent. Donc à 15 minutes de la porte de notre chambre, je vais skier un beau couloir bien raide avec des conditions de printemps.

Jour6

La météo est pire que les deux derniers jours. Les voisins regardent dehors par leurs fenêtres, portes et garages et s'envoient la main en se disant la version islandaise du "Tabarn..". Donc on fait pareil. On décide de prendre de l'avance sur l'itinéraire par peur du poids des bagages et des problèmes de temps possible pour rendre la voiture à l'aéroport!

Depuis ces derniers jours, la neige a fondu de façon drastique durant la nuit. Cela ne nous invite pas trop à skier. Se disant qu'au mieux, on verra un sommet sur la route à skier au soleil. Comme de fait, on trouve une route qui nous mène entre les montagnes à une petite station de ski avec une seule piste et une seule remontée. La neige est glacée à grandeur et la station est fermée. Le vent est constant à plus de 80km/h. Rendu au sommet sur un énorme plateau comme le mont Albert, le vent rend pratiquement impossible d'enlever les peaux de phoques. Une fois prêt pour la descente, les skis chaussés, on s'élance dans la pente avec peine et misère dû au vent direct en pleine face. Cela sera donc un SUPER "down hill" jusqu'au jeep. Rendu à Reykjavik, on se promène en ville. On rejoint quelques amis. On profite de la journée internationale de la gaufre pour s'accrocher les pieds dans un pub entre amis et pleurer notre départ de l'Islande!

Jour 7

La voiture rendue, les yeux dans la graisse de bine. Enfin arrivés à l'aéroport, nous sommes les premiers dans la file d'attente (trois heures d'avance les garçons quand même!). Ils ne prennent même pas le poids de nos sacs et voilà, aucun problème de bagages. Jul me regarde et on part à rire. Notre vol est retardé d'un autre trois heures. J'ai pris le temps de marcher 14 fois aller-retour à l'aéroport de Keflavík pour passer le temps et garder juste assez de batterie dans mon téléphone pour confirmer mon arrivée à mon ami Marc qui venait me prendre à Montréal (oui, j'ai oublié mon fil dans mon bagage de soute, ah ah!). Arrivé à Montréal en cinq heures. L'avion a des soucis et nous sommes pris dans l'avion un deux heures de plus. En débarquant de l'avion, j'ai la certitude que je retournerai bientôt skier tous les sommets de l'Islande!

Photos et vidéo courtoisie de Félix Savard-Côté, suivez-le sur Instagram. Riders Félix Savard-Côté et Jul Houde. Pour en savoir plus sur Félix, vous pouvez également relire notre entrevue de lui sur cette page.