Mont Albert - mai 1973 : toute une aventure

En mai 1973, à la fin de leur Cégep, Réjean Théberge et ses amis décident de se payer un voyage de ski dans les Chic-Chocs en Gaspésie. Cinq jours d'aventure pour les sept étudiants. Plus de 40 ans plus tard, Réjean nous en retrace les péripéties.

Nous étions sept étudiants accompagnés de notre coach de ski alpin. La majorité d'entre nous avions fait les compétitions inter-collégiales l’hiver précédent mais personne du groupe n’avait déjà skié au mont Albert. Je me rappelle que des amies nous avaient montré un film 8 mm tourné lors d’un voyage en 1971. C’est ce qui nous a donné la piqûre.

Imaginez-nous donc entassés avec skis, bagages et nourriture dans deux van VW! Nous prenions ainsi la direction du Gîte du mont Albert. Pour la plupart, c’était un genre de road trip et toutes les occasions étaient bonnes pour s’arrêter et contempler le paysage.

Jour 1

À l'époque, nous ne connaissions pas le sentier du ruisseau Isabelle, mais un des membres du groupe avait déjà fait le trajet en été. Nous sommes partis vers 15h sur le sentier en face du gîte et nous sommes arrivés au refuge 7 heures plus tard.

Les lampes frontales n'existaient pas et nous devions nous fier uniquement aux traces de neige restantes dans le sentier.

Chemin emprunté pour aller au refuge du mont Albert

Arrivée au refuge du mont Albert

L'arrivée au refuge le premier soir nous a réservé son lot de surprises. Quelques familles de souris y avaient élu domicile et le ramonage ne faisait sans doute pas partie des activités des visiteurs précédents. Le lendemain, nous avons donc tout démonté nettoyé et remonté le poêle, les tuyaux et la tête de cheminée.

L’intérieur du refuge quoique très rustique offrait toutes les commodités pour ce type de randonnées.

La cuisine du refuge : une tablette pour soutenir le réchaud à 2 ronds que nous avions monté la veille, quelques rouleaux de papier et des boissons à portée de main.

Exemple d'une recette typique pour ne pas manquer d’énergie :

  • Ingrédients : 1 boîte de petits pois + 1 livre de beurre.
  • Faire fondre le beurre à feu doux, y ajouter les petits pois.
  • Oublier le tout pendant 30 minutes.
  • Résultat garanti : 3255 calories!

Jour 2

En sortant du refuge le lendemain, nous découvrions la beauté du paysage.

Le lac du Diable et le mont Albert

Mais il fallait déjà penser au ravitaillement. Car avec les skis, les bottes, et tout le superflu, nous n'avions pas assez d'espace dans nos sacs pour y stocker toute la bouffe. Pendant qu'une équipe s'affairait au nettoyage de la cabane, deux volontaires sont redescendus au gîte pour rapporter les vivres laissés dans les vans.

C'était sans compter sur quelques péripéties. En revenant, pensant prendre un raccourci, ils ont tourné à droite après avoir traversé la rivière Sainte-Anne et sont montés sur le sommet du mont Albert par l'Ouest avant de redescendre par la Grande Cuve. Après 12 heures de marche, ils sont arrivés sur la rive ouest du lac. C'est là que nous les avons récupérés, à l'aide de chaloupes sorties du fond du lac.

Chemin vers le refuge par le grand tour

Parcours des deux volontaires : trajet de la descente en rouge, trajet de la remontée en bleu.

Retour en chaloupe des deux sacrifiés

Jour 3

Enfin à ski!

Au programme : traversée du lac en chaloupe puis montées et descentes dans la coulée (interdite aujourd'hui).

Notez les courroies de sécurité encore à la mode. Les freins ont été inventés quelques années plus tard.

Avant la montée sur le mont Albert

En montant vers le sommet du mont Albert

Haut du couloir skié

Descente dans le couloir

Jour 4

Ce jour-là, nous sommes montés par l’arête jusque sur la table à Moïse pour skier un couloir que nous avions repéré la veille. Nous nous déplacions en prenant garde de ne pas trop approcher des corniches qui commençaient à se fissurer.

Trajet du jour 4

Montée par la crête

Couloir face Est

Fissure de corniche

Au dessus de la corniche

Descente dans le couloir

Jour 5

La descente vers le gîte (qui a bien changé depuis) fut plus rapide que la montée. Restait une dernière péripétie pour clore ce séjour gaspésien. Un bris de câble de la pédale d’embrayage sur un des véhicules. Cela ne nous a toutefois pas empêché de prendre la route. Résultat : départ en compression et changement de vitesse synchronisés avec le régime du moteur.

C’est ainsi que s'est terminée cette aventure inoubliable.

Retour au pied du gîte du Mont Albert

Photos de Réjean Théberge