Un ski test pas comme les autres

À la mi-avril, Xalibu Skis Conception a lancé une invitation pour participer à un test pour un nouveau ski tout-terrain, basé sur un futur modèle Xalibu. Un ski de 176 cm, 134-94-120, avec un early rise à l’avant pour 17 mètres de rayon. Le test était supervisé par le département de génie mécanique de l’Université de Sherbrooke. Ce jour-là, la météo s’annonçait clémente. Il n’en fallait pas plus pour qu’on fasse un petit tour en station. Voici le récit de cette journée de test un peu particulière.

Ski à Tester Photo : Pierre-Olivier Bédard

La phase de test

Arrivée au mont Sainte-Anne vers 8h30. Les douze paires de skis apparemment identiques sont alignées sous la grande arche qui donne accès à la station. La seule information que l’on reçoit, c’est que les skis ont des propriétés de rigidité différentes, autant en flexion et en torsion. Une courte présentation du projet et du déroulement de la journée, et direction les gondoles pour le versant nord. Ce versant étant moins affecté par le soleil, il permet des résultats plus constants au courant de la journée.

Une fois au sommet, une série de quatre paires est assignée aux testeurs pour commencer la journée. Au total, le test prévoit un minimum de deux séries. Il faut effectuer deux descentes avec chaque ski. Les organisateurs de l’Université de Sherbrooke se gardent bien de spécifier comment sont répartis les skis dans chaque série. C’est à nous de décrire ce que l’on ressent sur les planches à l’aide d’un questionnaire. Il faut d’abord évaluer le ski selon différents indicateurs comme la tenue des carres, la facilité d’initiation des virages et la polyvalence. Par la suite, on identifie quand le ski est à son meilleur, que ce soit à haute vitesse ou avec des virages à court rayon par exemple.

Le moment est arrivé de dévaler les pentes. Une première descente. Déjà en milieu de piste, une impression se dégage. Mes skis semblent à plat et sans vie, alors que mon partenaire du jour semble s’éclater en sautant pratiquement à chaque virage. Peut-être ne suis-je pas réchauffé encore ? Une autre descente pour en avoir le cœur net. Pour commencer à avoir du plaisir, il faut vraiment les pousser dans des virages à grande vitesse.

À la prochaine remontée, j'enfile une nouvelle paire! Cette fois, c’est moi qui m’amuse, et mon partenaire qui râle. Décidément, cette journée s’annonce intéressante. De mon côté, la deuxième série s’avère moins concluante que la première.

Ski en cours de test Photo : Pierre-Olivier Bédard

Nos impressions

Vers 15h, et huit paires plus tard, on finit de remplir nos questionnaires. Une fois le test terminé, les membres de l’équipe du projet sont plus enclins à nous partager les résultats de leur recherche. La majorité des participants a eu la même réaction par rapport aux deux séries. L’une avait des différences très marquées, l’autre avait des skis aux performances semblables.

La première série avait des propriétés qui variaient seulement en fonction de la rigidité en torsion. La torsion est lorsque le ski va plier sur le sens de la largeur. Elle a une grande influence sur l’initiation de virage. La seconde variait en fonction de la rigidité en flexion. C’est celle qu’on évalue qualitativement en magasin en pliant le ski sur la longueur. Bref, ce qui influence le plus l’impression d’un skieur sur les planches est la rigidité en torsion, un paramètre impossible à évaluer en magasin. Les manufacturiers ne l'indiquent d'ailleurs nulle part à l’achat.

Changement de ski Photo : Pierre-Olivier Bédard

Un indicateur de rigidité plus performant

Le projet de l’Université de Sherbrooke vise justement à remédier à la situation. Une machine a été développée pour mesurer simultanément la rigidité en torsion et en flexion. Le but est de permettre aux manufacturiers de mieux concevoir leurs produits, tout comme de développer un indicateur pour aider les clients à l’achat d’un nouveau ski. Cet indicateur pourrait être aussi significatif que le rayon au patin.

En fin de compte, cette journée nous a permis d’en apprendre plus sur ce qui influence la performance des skis. Le projet a le potentiel de changer la façon dont on choisit une nouvelle paire.

Dans cet article, on vous en dit plus sur la visite effectuée au laboratoire de Sherbrooke.