Mont-Édouard : un autre exemple pour le ski de haute-route

Powmas est allé à la rencontre de Jean-François Jasmin, directeur adjoint de la station de ski Mont-Édouard pour en savoir plus sur le nouveau secteur réservé au ski de haute-route dans la belle région du Saguenay. Il revient avec nous sur le cheminement qui a précédé l'ouverture.

Sous-bois de la vallée des géants

Le secteur a ouvert cet hiver. Quelle a été la genèse du projet ?

Dans la région de l'Anse Saint-Jean, la pratique locale du ski de haute-route était déjà bien présente et organisée, avec des groupes Facebook, des expéditions fréquentes... Ici, les montagnes sont propices à skier, les dénivelés sont intéressants, avec des couloirs naturel d'avalanche et une neige abondante. Certains massifs adjacents au Mont-Édouard comme la Montagne de la Voisine et la Montagne Blanche sont fréquentés par les skieurs en hors-piste.
Si on en vient à mon implication au Mont-Édouard, elle a quasiment démarré de manière impromptue alors que j'étais guide à l'Auberge de montagne des Chic-Chocs. Lors d'une expédition, j'ai guidé des skieurs qui étaient originaires de la région de l'Anse-Saint-Jean. Ce sont eux qui m'ont parlé du potentiel skiable dans leur secteur. J'ai naturellement embarqué dans l'aventure parce que j'avais moi-même démarré un projet de développement de ski hors-piste dans la région voisine de Charlevoix quelques années plus tôt. Ce projet n'avait pas abouti à l'époque.

Travail dans le sous-bois

Quelles ont été les principales démarches pour monter ce secteur ?

Dès mon arrivée en août 2014 comme directeur adjoint du Mont-Édouard, nous avons fait quelques vérifications avant de démarrer tout projet. Il était important de s'assurer que les deux sous-bois que l'on voulait développer se situaient bien dans la zone récréotouristique octroyée à la montagne. Nous avons également commencé à nous informer sur la présence ou non d'espèces menacées au niveau de la flore et de la faune. Cela nous sera utile pour les développements futurs. Côté assurances, nous avons dû effectuer des démarches supplémentaires. Un plan d'évacuation a été mis en place et la patrouille a été formée pour pouvoir intervenir en région isolée. Nous avons également recruté des guides.
Il a aussi fallu s'attaquer à l'ouvrage à proprement parler avec l'aménagement du territoire. Au total, cela aura nécessité l'embauche de cinq bûcherons et la location d'une pelle et de scies mécaniques pour 16 jours de travail. Le bois coupé a été laissé sur place, ébranché et découpé, pour préserver la matière organique et offrir un terrain le plus sécuritaire possible.

Qu'apporte l'existence d'un tel secteur si on le compare au ski hors-piste déjà pratiqué par les locaux ?

Le point le plus évident est que la forêt n'est pas facilement skiable naturellement. Il s'agissait donc de la rendre plus praticable. Mais je te dirais que le plus gros apport, sur lequel nous avons mis beaucoup d'efforts, c'est le volet sécurité avec un plan et un chemin d'évacuation, du balisage et une patrouille formée pour intervenir en marge du domaine skiable.
La formation au ski de haute-route, à l'autonomie et à la sensibilitation au risque d'avalanche tient aussi une part importante dans ce projet. Les skieurs intéressés ont la possibilité de réserver une demi-journée ou plus avec un guide pour une somme modique avec le matériel d'avalanche inclus. La location en bas des pentes d'un matériel de ski de randonnée performant est également offerte.

Pause dans le travail du sous-bois

Pensez-vous à des développements dès la saison prochaine ?

Le projet actuel, avec ses deux secteurs, est en phase pilote. Cette saison, nous visons surtout à nous assurer que le volet sécurité est bien en place et que les visiteurs répondent positivement à cette nouvelle offre. Ces deux conditions sont amplement réunies et nous envisageons déjà le développement de cette activité à grande échelle. Confiant du potentiel de nos montagnes, il ne serait pas surprenant que l’Anse-Saint-Jean devienne la destination incontournable du ski de haute-route au Québec.

Pour en savoir plus sur le Mont-Édouard station de haute-route

Crédits photos : Jean-François Jasmin