Chasse au Nor'easter à Murdochville

Chasse au Nor'easter à Murdochville

L'approche

2 novembre à Montréal. Une semaine que nos yeux sont rivés sur les sites de météo. En ce dimanche matin, la décision est prise. On va skier cette première tempête de la saison au Québec.
Le système est assez gros et a l'air de vouloir se focaliser sur Murdochville qui abrite la station de ski Miller. C'est là que l'on doit se rendre.
Je récupère Olivier à 14h à Lévis et on file pour Matane pour récupérer PO.
La route est belle et sèche et le coucher de soleil est littéralement éblouissant sauf qu'au loin sur la 20, on voit une grosse masse noire menaçante. La tempête approche.
Peu avant Matane, les affaires se gâtent. Un vent violent du Nord-Est, de gros flocons, une visibilité quasi nulle et la nuit qui vient de tomber.
On arrive à Matane péniblement, en se relayant au volant. On ne sera pas trop de trois pour finir la route. On profite de l'arrêt pour se renseigner sur un hébergement à Murdochville puis on repart.
Sur la 132, le trajet se poursuit dans la tempête, les vagues passent par-dessus les digues et le compteur de l'auto ne monte pas au-dessus de 60 km/h. Vers 23h, arrivé à la jonction avec la 198, un camion de la MTQ nous barre la route. On sait qu'on va être bon pour dormir sur la côte.

La nuit

En retournant sur nos pas, on finit par trouver un gîte à Mont-Louis. Il est tard. On frappe, en se disant que c'est peine perdue. Par chance, les propriétaires nous ouvrent, le regard surpris par tout notre attirail de ski. Rapidement, ils nous proposent l'hébergement à prix tempête (20$).
Reste qu'il faut décider de la suite. Demain, on se lèvera tôt, histoire de maximiser les options, regarder le 511, les accumulations dans le parc, Val d'Irène, les webcams et repasser voir la MTQ qui bloque la route vers Murdochville. Notre plan : en cas de forte affluence, être les premiers sur le mont Miller pour réaliser les premières traces.

À cran

6h. On est au départ de la 198, le camion de la MTQ est toujours là et ce n'est pas bon signe. Un Gaspésien nous explique la situation, en répétant plusieurs fois "2 pieds de neige en montagne!", agrémentant son message par un petit geste de la main pour qu'on comprenne bien. "C'est moche, dit-il, en montagne et cela n'arrête pas de neiger." Là, on se dit que la situation est mal engagée. Devrait-on faire le tour par Gaspé, chercher une autre destination? Pour commencer, on retourne sur Saint-Anne-des-Monts, histoire de déjeuner et d'attendre les infos pour aller soit à Val d'Irène ou retourner à Murdochville. À partir de là, sous la pression des 2 pieds de neige, disons que les décisions n'ont pas été très éclairées. Pendant 4h de temps, nous voilà multipliant les aller-retour. Murdochville, pas Murdochville. Jusqu'à ce que PO, accroché à son cell connecté sur le site du 511, nous informe que la route vient enfin de rouvrir. Vous devinez la suite.

Miller

Arrivé à Murdochville à 11h, on est content et récompensé par la quantité de neige. On se dit que malgré la panique matinale, on s'en sort très bien. Sur la montagne, pas grand monde. Les 120 personnes qu'on s'était imaginées ressemblaient davantage à 8 personnes et deux chiens.
Hop! Perdons pas de temps! Les préparatifs sont rapides. La montée se fait en peaux de phoque pour un total de 4 runs avec la banane, la vallée, le peigne et la fourchue 1. Le vent a bien soufflé donc on a affaire avec entre 40cm et 1m de neige un peu lourde mais très correcte pour un début de saison. Quelques endroits sont à découvert à cause du vent. Un autre petit désagrément demeure la hauteur des arbustes qui commencent à être denses et d'une hauteur de 1m. Il a neigé toute la journée et on n'a pas manqué de neige loin de là. Disons qu'on n'avait pas en tête de faire attention au fond en skiant.
À 16h, la pénombre commence déjà à se faire sentir. Bien contents de notre journée, on amorce notre descente sur Québec et Montréal. Le retour se fait sur route sèche ou presque. La température est remontée.